Paul Rousteau

France / France

« Je cherche à montrer l’invisible, faire émerger ce que j’appelle « les mondes subtils », ceux que nous entr’apercevons dans les rêves, qui affleurent dans cet entre-deux, juste avant l’endormissement. Cette quête utopique guide mes expérimentations. Je mets en place des processus visant à modifier l’image, afin d’altérer le réel. Cette recherche doit se voir, que je réalise une nature morte, un portrait ou un paysage.

 

La spiritualité et les religions font partie de mes sources d’inspiration (iconographie religieuse, miracles, saints, New Age... ) et j’inclus sans jugement toutes ces tentatives humaines d’élucidation du mystère de l’existence. Il n’y a pas de tentative de ma part de le percer, il s’agit plutôt de lui donner forme ; je préfère une bonne question à une réponse dogmatique.

 

Les sujets que je représente relèvent du quotidien : mes enfants, une nature morte domestique, une fleur, un nu, un coucher de soleil. Je cherche à dépasser cette trivialité en « picturalisant » la photographie. Les peintres impressionnistes puis cubistes ont su trouver des voies pour représenter le monde en dehors des conventions imposées par la perspective, et rendre compte de la complexité et de la richesse que constitue l’expérience du voir. Mes recherches poursuivent le même objectif, avec mon médium : la photographie.

 

Ma palette — que je veux à la fois expressionniste, pure, solaire, vivante, positive et vibrante — emprunte tant à Giotto et Fra Angelico qu’à Bosch. Dans le Jardin des délices, Bosch n’utilise que des couleurs pures pour peindre son Paradis, vous n’y verrez pas la couleur noire ; chez moi non plus. J’assume la dimension joyeuse de mon travail, et son ambivalence, entre beau et kitsch, sacré et profane. »

 

PAUL ROUSTEAU (1985) A ÉTUDIÉ À SAINT-LUC, EN BELGIQUE, ET À L’ÉCOLE DE PHOTOGRAPHIE DE VEVEY (CEPV) EN SUISSE. SON TRAVAIL A ÉTÉ EXPOSÉ À PARIS À LA GALERIE DU JOUR, PARIS PHOTO, ET À LA GALERIE FORMA.

PARMI SES PUBLICATIONS, ON COMPTE M LE MONDE, VOGUE, DAZED, I-D ET THE NEW YORKER.

“I aim to expose the invisible, to make appear that which I call “subtle worlds”, those which we glimpse in dreams, which surface in the interim, just before falling asleep. This utopian quest guides my experiments. I put into place processes which aim to modify the image, in order to distort the real. This investigation must be seen, whether I am undertaking a still life, a portrait, or a landscape.

 

Spirituality and religions are part of my inspiration (religious iconography, miracles, saints, the New Age...). I include, without judgement, all of these human attempts to explain the mystery of existence. There is no effort to elucidate, it is more a matter of giving it shape; I prefer a good question to a dogmatic response.

 

The subjects which I depict are fairly everyday: my children, a domestic still life, a flower, a nude, a sunset. I am looking to go beyond this mundaneness by “picturing” photography. Impressionist painters, followed by the Cubists, found new means to represent the world outside of the conventions imposed by perspective, and thus acknowledge the complexity and wealth which constitute the visual experience. My examination follows the same objective, in my medium: photography.

 

My palette — which I wish to be at the same time expressionistic, pure, solar, lively, positive, and vibrant — borrows as much from Giotto and Fra Angelioc, as it does from Bosch. In The Garden of Earthly Delights, Bosch only uses pure colours to paint his Paradise, you will not see any black; nor will you see it in my works. I accept the joyful dimension of my work, as well as its ambivalence, between beautiful and kitsch, sacred and profane.”

 

 

PAUL ROUSTEAU (1985) STUDIED AT SAINT-LUC IN BELGIUM, AND AT CEPV VEVEY IN SWITZERLAND. HIS WORK HAS BEEN SHOWN IN PARIS AT THE GALERIE DU JOUR, PARIS PHOTO, AND AT THE GALLERY FORMA. HIS PICTURES HAVE BEEN PUBLISHED IN M LE MONDE, VOGUE, DAZED, I-D AND THE NEW YORKER.