Maria Korkeila

Photos par Louise Desnos, photographe sélectionnée en 2016 / Commande sur les créations des dix stylistes sélectionnés.

Photos par Louise Desnos, photographe sélectionnée en 2016 / Commande sur les créations des dix stylistes sélectionnés.

Finlande
Finland


Under Wraps

Collection homme
 

C’est en observant les corps vêtus que la styliste a composé sa collection. Ou comment ce qui cache opère parfois une focalisation du regard. L’accessibilité immédiate de l’homme nu provoquerait moins d’émois qu’un assemblage savant de tissus. Elle souligne par exemple l’érotisme suscité par une chaussette glissée jusqu’au genoux et se propose de découvrir le corps en l’habillant, de l’emballer pour mieux l’effeuiller comme on feuillette un magazine pour adultes.

Les icônes aguicheuses des années 1970 constituent son imagier, elle les plastronne sur les torses de ses modèles masculins et en décline les couleurs gourmandes, jaune doré, brun thé ou chocolat, sur des matières transparentes. Les hommes qu’elle enveloppe enfilent des pulls moulants affublés de représentations de bustes féminins en jacquard cousus sur du tulle qui laisse poindre leur propre anatomie. Ils portent des blousons rigides sur lesquels persistent des moues lascives un peu effacées par les années. Les images impudiques s’accrochent partout, évoquant la résurgence de leurs pensées licencieuses, cachant partiellement leur peau que l’on devine sous les strates de plastique orange. Le cuir, seconde peau animale, est utilisé pour amplifier leur puissance, celle de leurs cuisses et de leurs mains.

Sans jugement, la styliste se saisit de cette imagerie hyper sexualisée en l’imprimant sur des hommes sandwiches qui deviennent à leur tour le support de leurs propres fantasmes.

Texte : Magalie Guérin

Under Wraps

Menswear collection
 

This designer has created her collection through observing clothed bodies. Or, how that which conceals sometimes directs the gaze. The immediate accessibility of a naked man would provoke less commotion than a skilful assembly of fabrics. She highlights, for example, the eroticism aroused by a sock slid right up to the knee and aims to reveal the body by dressing it, enveloping it in order to better unwrap it and expose it like an adult magazine.

Flirtatious icons from the 1970s constitute her imagery, which she plasters upon the chests of her male models, parading their exuberant colours, golden yellows, tea browns, and chocolates, upon transparent materials. The men whom she envelopes slip on close-fitting sweaters adorned with images of female busts in jacquard sewn upon tulle fabric which reveal their own anatomy. They wear rigid jackets upon which sensual pouts, a little faded by the years, prevail. Immodest images cling everywhere, evoking the resurgence of their licentious thoughts, partially hiding their flesh, discerned beneath the layers of orange plastic. Leather, an animal second skin, is used in order to amplify their strength, that of their thighs and their hands.

Without any judgement, the designer adopts this hyper sexualised imagery upon human billboards who in turn become the prop for their very own fantasies.