Marc Turlan

 
 

Marc Turlan, « Dance First, Think Later », 2016. Vidéo 6’33’’ © Marc Turlan

 

« Dance First, Think Later »

 

Dans En attendant Godot, l’un des personnages de Samuel Beckett suggère qu’un autre danse d’abord et pense ensuite. Et le personnage s’exécute. Il danse « comme empêtré dans un filet », commente encore un autre personnage. Mais Becket a raison. C’est bien le corps qui vient en premier, et la pensée en second. Et c’est pour cela qu’en art, c’est toujours le corps qui est en jeu. Ainsi, la censure de l’art, c’est la censure du corps, toujours. Cependant, la censure dévoile plus qu’elle ne dissimule. La censure ne cache pas, ne retire pas de la vue. La censure désigne au contraire, avant même de cacher. La censure indique ce qui doit être montré. C’est pour cela que la censure de l’art échoue dans son projet idéologique, mais, curieusement, réussit dans sa performance. Dans ce nouveau travail intitulé « Dance First, Think Later », Marc Turlan explore au moyen de différents médiums : la vidéo, la broderie, le dessin... Cet apparent paradoxe d’une censure qui ne désigne jamais que le corps, et qui par son mouvement même de censure révèle le désir. 

Pierre Oudart , 2016

“Dance First, Think Later” Marc Turlan

 

In Waiting for Godot, one of Samuel Beckett’s characters suggest that another dances first and thinks afterwards. The character complies. He dances “as if entangled in a net”, comments yet another character. But Beckett is correct. It is of course the body which comes first, and thought second. And this is why, in art, it is always the body which is at play. Thus, censuring art, is censuring the body, always. However, censorship reveals more than it conceals. Censorship does not hide, does not remove from sight. Instead it indicates, even before it hides. Censorship designates that which should be shown. That is why the censorship of art fails in its ideological project, yet, curiously, succeeds in its performance. In this new work, entitled “Dance First, Think Later”, Marc Turlan investigates through different mediums: video, embroidery, drawing… This apparent paradox of a censorship which never designates just the body, and which through its very act of censorship reveals desire.

Pierre Oudart , 2016