Luis Alberto Rodriguez

Etats-Unis / Suède
USA / Sweden

« Mon travail consiste en une exploration de la forme humaine et de sa distorsion sous l’effet du mouvement. À ce titre, mon expérience passée de danseur irrigue fortement mes choix de photographe. Les corps sont invités à engager un dialogue avec les matériaux trouvés sur site, et à se laisser remodeler et réinvestir par leur environnement. Si les prises de vues se déroulent en des endroits spécifiques, elles ne se réfèrent à aucun lieu ou temps précis. Les matériaux sont mis en mouvement ; le haut et le bas sont inversés. Chaque photographie est le lieu d’une certaine confusion, qui vient hanter le spectateur : le familier devient méconnaissable, entraînant souvent une réaction physique immédiate.

 

Je considère d’abord les potentialités sculpturales du corps, puis je donne aux modèles une consigne de mouvement, en lien avec l’humeur, le sentiment et le concept de la photographie. Il s’ensuit un échange ou un dialogue entre nous, suivant leurs réactions à mes instructions. Je réagis à eux et j’espère qu’ils réagissent à moi. Je m’intéresse aux microglissements dans le corps, et à la façon dont ils s’organisent. Je demande aux modèles de réagir à leur environnement ; je dirige le mouvement en conséquence, jusqu’à ce que le résultat dépasse mes attentes. J’entends par là : jusqu’à ce que le corps soit affecté par le site, et le site par le corps. Les modèles sont encouragés à se saisir des objets et matières mis à disposition (pneus, briques, poussière, plastique, vêtements...) jusqu’à ce que le corps n’exprime plus que sa quintessence. Cela peut être cinétique (une réponse physique au mouvement) ou émotionnel.

 

Patina est une transmission textuelle et sensorielle de la déliquescence, en tant que force capable de décomposer un objet tout en générant davantage de croissance. Les corps se cachent en plein jour, témoins de l’intimité et de la solitude. La série prend ainsi la valeur d’archives d’état émotionnel, de perte, d’abandon, de désir. »

 

LUIS ALBERTO RODRIGUEZ (1980) A ÉTUDIÉ LA DANSE À L’ÉCOLE JULLIARD, NEW YORK. PHOTOGRAPHE AUTODIDACTE, SON TRAVAIL A ÉTÉ EXPOSÉ EN SUÈDE À WANÅS KONST. IL A ÉTÉ PUBLIÉ DANS LES MAGAZINES SLEEK, SLEEK ART, GLAMOUR, GRIOT ET GROUND, KALEIDOSCOPE ET NUMERO.

“As an artist I explore the human form distorted through motion, using my background as a dancer to inform my choices as a photographer. Bodies are placed in dialogue with found materials, reshaping and repurposing them relative to their surroundings. While each photograph is created in a specific location, they lend themselves to no particular time or place. Materials are set in motion, up becomes down and down becomes up. Each image welcomes a sense of confusion haunting the viewer. The recognisable turns unrecognisable, triggering an immediate physical response.

 

I look at the body’s sculptural possibilities and give the model a movement task related to the mood/feeling/concept for the photo. This in turn becomes an exchange or dialogue between us, based on how they react to my instruction. I react to them and hopefully they react to me. I have an interest in micro shifts in the body and how the body organises itself. I ask the models to react to the site we are shooting in and I monitor the movement in combination with the location until the result surpasses my expectations of the concept. Meaning that, the body is affected by the site and the site by the body. I ask the models to activate materials (objects, tires, bricks, dirt, plastic, fabric, clothing, for example) until their bodies become abstracted and you are left with the echo/essence of these explorations. This can be kinetic (a physical response to movement) or it can be emotional.

 

Patina is a textural and sensual transmission of decay as a force that breaks an object down while simultaneously encouraging new growth. The bodies “hide in plain site” in expressions of intimacy and solitude. The series becomes an archive of an emotional state, a loss, a relinquishing, a longing.”

 

LUIS ALBERTO RODRIGUEZ (1980) STUDIED DANCE AT THE JULLIARD SCHOOL, NEW YORK. SELF-TAUGHT PHOTOGRAPHER, HE HAS EXHIBITED IN SWEDEN AT WANÅS KONST AND AT CLAMPART GALLERY IN NEW YORK. HIS WORK HAS BEEN PUBLISHED IN SLEEK, SLEEK ART, GLAMOUR, GRIOT AND GROUND, KALEIDOSCOPE, AND NUMERO.