Lotte Van Dijk

Photos par Louise Desnos, photographe sélectionnée en 2016 / Commande sur les créations des dix stylistes sélectionnés.

Photos par Louise Desnos, photographe sélectionnée en 2016 / Commande sur les créations des dix stylistes sélectionnés.

Pas-Bas
Netherlands


Atelier

Collection femme

 

Peut-on peindre une collection de vêtements plutôt que la dessiner ? Le choix de l’outil de conception est essentiel dans le travail de la styliste. Tout commence par le tissu qu’elle suspend verticalement comme un artiste tendrait sa toile sur le châssis. Par une approche picturale, elle provoque des hasards et des rencontres de couleurs qui se mélangent sur le support de coton. Elle crée des volumes et des contours en trompe-l’œil en se libérant des règles conventionnelles de la couture. Ces images figuratives, petite robe fleurie et blouson masculin, robe du soir à jupons ou boa en plumes, naissent du pinceau plutôt que de l’aiguille, sans calcul savant, sans coupe ni montage. La touche est épaisse et expressive, les couleurs sont vives et lumineuses. Dans son atelier, tout autant de couture que de peintre, la styliste dessine une série de tableaux comme autant de représentations des vêtements. Puis les œuvres revêtent leur fonction à force d’assemblages, de pliages, de piqûres, de soudures et de liens autour du corps du modèle. Elle le drape, elle l’entoure et de nouveaux volumes apparaissent pour donner leur aspect final à chacun des habits. La peinture est réinterprétée en jacquard et en perles. Des bords francs s’échappent des fibres, comme le rappel du canevas d’origine.

Les vêtements provoquent ici une impression avant tout, l’œil les découvre par strate, le volume fourni d’un manteau romantique laisse voir les coutures d’une veste militaire qui supporte l’image d’un chemisier champêtre.

Texte : Magalie Guérin

Atelier

Womenswear collection

 

Can a clothing collection be painted instead of sketched? The choice of design tool is essential in the stylist’s process. Everything starts with the fabric which she suspends vertically like an artist tensioning a canvas upon a frame. Through a pictorial approach, she provokes coincidences and encounters between colours which blend upon the cotton support. She creates trompe l’oeil volumes and contours by freeing herself from the conventional rules of couture. These figurative images, a small flowery dress and a masculine jacket, an evening dress with an underskirt and a feather boa, are borne out of a brush rather than a needle, without any complicated calculations, without cutting or assembly. The stroke is thick and expressive, the colours are lively and luminous. In her workshop, used as much for dressmaking and painting, the stylist draws series of pictures like so many potential representations of clothes. Then, these works take on their roles through assembly, folds, stitches, welds, and bonds around the model’s body. She drapes, she surrounds it, and new volumes appear in order to give each garment its final shape. Painting is reinterpreted through jacquard and pearls. Threads escape from raw seams, as if reminders of the original canvas.

Here, clothes incite above all an impression, the eye discovers them in layers, the shape provided by a romantic coat reveals the stitching of a military jacket which is supported by the image of a peasant blouse.