Arno Bani

 
 

Michael Jackson by Arno Bani, 2009.

 

« Plus que des photos, c’est une Histoire. »

1999. Michael Jackson est dans sa chambre d’hôtel à Londres et tombe amoureux d’une série de photos de mode dans le Sunday Times. Il demande à rencontrer le photographe qui l’a ému, il s’agit du jeune Français Arno Bani, vingt-trois ans. Il le rencontre à New York et lui propose une collaboration de taille : revoir son look pour la décennie à venir.

Arno Bani réunit autour de lui une famille créative surexcitée par cette aventure hors normes, une équipe liée par le secret imposé par le producteur : les stylistes Maïda Gregory Boina et Jérôme Dreyfuss, l’artiste maquilleur Topolino, le coiffeur Seb Bascle, Frédérique Lorca, Daniel Adric, Gilles Quemoun. Trois mois d’effervescence, de brainstormings exaltés, de shopping haute couture, de couleurs, de broderies et de collages s’enchaînent. Le meilleur décor, le meilleur maquillage, le meilleur stylisme, aucun superlatif ne suffit à définir l’hystérie artistique autour de l’icône. S’ensuivent des allers-retours entre Paris et New York. Enfin, la date est arrêtée et trois jours de séances photos ont lieu dans les immenses studios de cinéma de Malakoff, en banlieue parisienne.

Michael Jackson porte les costumes imaginés et patiemment élaborés, ou encore une veste Yves Saint Laurent rebrodée par la Maison Lesage ; le dieu de la musique revêt la modernité du style et du savoir-faire français ; les cœurs battent la chamade. Toucher le visage de l’artiste pour le peindre de paillettes, couper et coiffer ses cheveux noirs. Il bouge, prend la pose, le souffle est coupé. La beauté du Pierrot Pharaon est surréelle. Il semble concentré, conscient, précis. L’équipe communie dans un moment mystique.

Ces photos qui devaient servir de pochette à l’album Invincible, ont été bloquées par la maison d’édition alors en conflit avec Michael Jackson. Ni lui, ni Arno Bani n’ont pu les utiliser. Elles sont restées consignées dans un coffre comme un trésor précieux.

Dix ans plus tard, presque jour pour jour, Michael Jackson disparaissait. Ces photographies inédites témoignent de la démarche entreprise par les deux artistes pour amorcer une transition restée en suspens.

« More than photos, it’s History »

1999. Michael Jackson was in his hotel room in London when he fell in love with a series of fashion photographs in the Sunday Times. He asked to meet this photographer who had moved him: a young twenty-three year old French man called Arno Bani. He met him in New York where he proposed an important collaboration: to rethink his look for the next decade.

Arno Bani surrounded himself with a creative family who were overexcited at this out-of-this-world adventure, a team that was bound to secrecy by the producer: the stylists Maïda Gregory Boina and Jérôme Dreyfuss, the make up artist Topolino, the hairdresser Seb Bascle, Frédérique Lorca, Daniel Adric, and Gilles Quemoun. Then followed three months of frenzy, fanatical brainstormings, haute couture shopping, colours, embroideries, and collages. The best decor, the best make up, the best styling, no superlative was enough to describe the artistic hysteria surrounding this icon. Then came the back and forths between Paris and New York. Finally, a date was selected and three days of photo shoots took place in the vast Malakoff cinema studios, in the Paris suburbs.

Michael Jackson wore the costumes conceived and patiently created, even a jacket by Yves Saint Laurent embellished by Maison Lesage; the god of music donned the modernity of French style and craftsmanship; hearts were aflutter. Touching the artist’s face in order to paint specks of glitter, cutting and styling his black hair. He moved, struck a pose, it was breathtaking. The beauty of this Pierrot Pharoah was surreal. He appeared concentrated, conscious, precise. The team communed in a mystical moment.

These photos, which were destined to be used in the album notes for Invincible, were blocked by the record label who at that time were at odds with Michael Jackson. Neither he, nor Arno Bani, had the rights to use them. They remained confined to a safe like a precious treasure.

Ten years later, almost day for day, Michael Jackson disappeared. These unpublished photographs bear witness to the approach undertaken by these two artists to initiate a transition which remained forever suspended.